D E C L A R A T I O N
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Je me nomme BOREL Muriel, fille de Michel BOREL et
de Madeleine BOREL née MARQUET, je suis née le 09. 10.
1975 à Lausanne / Vaud / Suisse, ressortissante suisse,
célibataire, étudiante à la faculté de
Lettres de l’Université de Genève,
domiciliée à Genève.
Je me suis réveillée hier, le 12
décembre, à midi, à mon domicile que je partage
avec Jean DUNANT et d’autres amis, qui sont actuellement absents.
Je me suis levée et j’ai lu un journal, en attendant que
Jean se réveille. Vers 14 heures, nous avons mangé des
pâtes. A 15 heures, je me suis rendue à la faculté,
pour suivre un cours. Je suis rentrée à la maison vers 18
heures 30, étant seule à la maison, j’ai
étudié mes cours, jusqu’au retour de Jean, vers 20
heures. Nous avons mangé une pizza et discuté, sans pour
autant mentionner le vol que nous devions exécuter quelques
heures plus tard.
Vers 21 heures, nous sommes sortis. Nous nous
sommes rendus à L’Usine, à la Place des
Volontaires, où nous avons consommé chacun une
bière. Nous avions déjà le sac, contenant tout le
matériel utile au vol, ainsi qu’une arme, appartenant
à Jean. A l’Usine, nous avons aussi cassé et
mangé une marmite de l’Escalade avec des amis: MM Sylvain
MARTIN, Francesco X., John X. et Mme Caroline X.
Vers 22 h30, nos amis sont descendus à
l’étage inférieur, afin d’écouter un
concert. Jean et moi sommes partis en ville. Outre le fait que je
savais où nous nous rendions, je ne connaissais aucun
détail de notre action, préparée exclusivement par
Jean; je ne sais pas depuis combien de temps Jean préparait le
vol de la bijouterie.
Peu avant 23h, un homme de l’entreprise
“Sécuritas” est reparti après avoir
effectué sa tournée. C’est à ce moment que
Jean a cassé la vitrine: je me contentait de maintenir le sac
ouvert, afin qu’il puisse prendre les outils et déposer
les bijoux dérobés. L’alarme a presque
aussitôt été déclenchée. Jean a pris
à cet instant l’arme dans le sac, il m’a pris par le
bras gauche alors que je tenais fermement le sac de la main droite.
Nous avons couru jusqu’au feu rouge où un taxi
était arrêté. Jean a menacé le client avec
l’arme pour qu’il descende du véhicule. Ensuite,
Jean m’a pris le sac et s’est assis à l’avant
du véhicule tandis que je m’asseyait à
l’arrière, à droite.
C’est au moment où nous repartions que
la police est arrivée. Je regardais par la vitre arrière,
tandis que Jean menaçait le chauffeur de taxi, afin que celui-ci
roule le plus rapidement possible. Nous nous sommes
arrêtés. J’ai vu Jean qui jetait le chauffeur de
taxi dehors, avant de reprendre le volant. Je ne sais pas où
nous étions; je regardais le sang qui recouvrait tout
l’intérieur de la voiture. Je ne comprenais pas. Je
n’avais rien vu et rien entendu. Jean n’a pas
utilisé l’arme et elle n’était pas en ma
possession; j’ai toujours refusé.
Je me suis mise à pleurer, j’avais
peur. Je ne voyais plus que les feux de circulation et les
véhicules de police. Je ne savais pas non plus où nous
allions, avant de reconnaître les Pâquis. C’est alors
que Jean s’est exclamé: “on va les semer, on va les
semer!”. En face de la Migros, à la place de la
Navigation, notre véhicule circulait trop rapidement pour
effectuer le virage. C’est alors que nous avons percuté le
container à bouteilles. Jean a ouvert la boîte à
gants, où il a trouvé une seconde arme. Il me l’a
tendue en me sommant l’ordre de me défendre. Je tirais
autour de moi, sans pouvoir discerner quoi que ce soit.
J’entendais les balles qui sifflaient. Puis , j’ai vu Jean
qui a arrêté de bouger. C’était la fin, alors
je me suis rendue à la police.