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Date : 13 décembre 1994
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D E C L A R A T I O N
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Je me nomme BOREL Muriel, fille de Michel BOREL et de Madeleine BOREL née MARQUET, je suis née le 09. 10. 1975 à Lausanne / Vaud / Suisse, ressortissante suisse, célibataire, étudiante à la faculté de Lettres de l’Université de Genève, domiciliée à Genève.

Je me suis réveillée hier, le 12 décembre, à midi, à mon domicile que je partage avec Jean DUNANT et d’autres amis, qui sont actuellement absents. Je me suis levée et j’ai lu un journal, en attendant que Jean se réveille. Vers 14 heures, nous avons mangé des pâtes. A 15 heures, je me suis rendue à la faculté, pour suivre un cours. Je suis rentrée à la maison vers 18 heures 30, étant seule à la maison, j’ai étudié mes cours, jusqu’au retour de Jean, vers 20 heures. Nous avons mangé une pizza et discuté, sans pour autant mentionner le vol que nous devions exécuter quelques heures plus tard.
Vers 21 heures, nous sommes sortis. Nous nous sommes rendus à L’Usine, à la Place des Volontaires, où nous avons consommé chacun une bière. Nous avions déjà le sac, contenant tout le matériel utile au vol, ainsi qu’une arme, appartenant à Jean. A l’Usine, nous avons aussi cassé et mangé une marmite de l’Escalade avec des amis: MM Sylvain MARTIN, Francesco X., John X. et Mme Caroline X.
Vers 22 h30, nos amis sont descendus à l’étage inférieur, afin d’écouter un concert. Jean et moi sommes partis en ville. Outre le fait que je savais où nous nous rendions, je ne connaissais aucun détail de notre action, préparée exclusivement par Jean; je ne sais pas depuis combien de temps Jean préparait le vol de la bijouterie.
Peu avant 23h, un homme de l’entreprise “Sécuritas” est reparti après avoir effectué sa tournée. C’est à ce moment que Jean a cassé la vitrine: je me contentait de maintenir le sac ouvert, afin qu’il puisse prendre les outils et déposer les bijoux dérobés. L’alarme a presque aussitôt été déclenchée. Jean a pris à cet instant l’arme dans le sac, il m’a pris par le bras gauche alors que je tenais fermement le sac de la main droite. Nous avons couru jusqu’au feu rouge où un taxi était arrêté. Jean a menacé le client avec l’arme pour qu’il descende du véhicule. Ensuite, Jean m’a pris le sac et s’est assis à l’avant du véhicule tandis que je m’asseyait à l’arrière, à droite.
C’est au moment où nous repartions que la police est arrivée. Je regardais par la vitre arrière, tandis que Jean menaçait le chauffeur de taxi, afin que celui-ci roule le plus rapidement possible. Nous nous sommes arrêtés. J’ai vu Jean qui jetait le chauffeur de taxi dehors, avant de reprendre le volant. Je ne sais pas où nous étions; je regardais le sang qui recouvrait tout l’intérieur de la voiture. Je ne comprenais pas. Je n’avais rien vu et rien entendu. Jean n’a pas utilisé l’arme et elle n’était pas en ma possession; j’ai toujours refusé.
Je me suis mise à pleurer, j’avais peur. Je ne voyais plus que les feux de circulation et les véhicules de police. Je ne savais pas non plus où nous allions, avant de reconnaître les Pâquis. C’est alors que Jean s’est exclamé: “on va les semer, on va les semer!”. En face de la Migros, à la place de la Navigation, notre véhicule circulait trop rapidement pour effectuer le virage. C’est alors que nous avons percuté le container à bouteilles. Jean a ouvert la boîte à gants, où il a trouvé une seconde arme. Il me l’a tendue en me sommant l’ordre de me défendre. Je tirais autour de moi, sans pouvoir discerner quoi que ce soit. J’entendais les balles qui sifflaient. Puis , j’ai vu Jean qui a arrêté de bouger. C’était la fin, alors je me suis rendue à la police.
 Après lecture, persiste et signe:
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Déclaration enregistrée par le gend. MERMOUD Henri - G8369.