a pourtant vécu son premier traumatisme
à l’âge de trois ans, lorsqu’elle s’est
électrocutée en jouant avec le câble de la
sorbetière de sa mère. Les séquelles de cet
incident pourraient expliquer son goût pour le risque.
Des amis d’enfance parlent d’elle comme
d’une compagne de jeu extravertie, toujours prête à
effectuer des actes tenant du terrorisme infantile. Provoquante, elle
aimait à se rendre aux abords du terrain de football. Assise sur
la barrière, elle observait les grands frères de ses
camarades de classe, semant la zizanie sur le terrain. C’est, du
moins, ce que raconte Sophie, sa voisine. Pensive, elle ajoute que
pourtant Muriel a toujours été première de classe,
ce qui contribuait à élargir la jalousie à son
égard.
Ses parents ne s’inquiétaient donc
pas. Il leur semblait normal qu’une enfant, qui aimait les jeux
en extérieurs, rentre sale à la maison et aie
constamment, comme un vrai gavroche, des pansements ou des
croûtes de sang sur les genoux. “Pour nous,
c’était le signe d’une enfance saine”,
explique le père, avant d’ajouter “mais
peut-être que nous aurions dû nous inquiéter.
Pourtant, elle restait quand même une fillette conventionnelle,
qui jouait à la poupée. Je ne sais cependant pas quelles
histoires elle inventait à ses pygmalions”.
Ainsi, cette enfance pleine d’anecdotes ne
permet pas de prévoir le drame qui devait survenir quelques dix
années plus tard. Devons-nous croire alors, que la jeune femme a
subit l’influence de Jean? L’amour l’aurait-il rendue
aveugle?
Pourtant, Sophie, au cours de ses confidences, a
bien mentionné que Jean n’était pas son premier
amour. Après de longues recherches, une rencontre avec Florian a
pu se concrétiser. Florian a effectué toute sa
scolarité avec Muriel. “A la maternelle nous étions
déjà fiancé”, plaisante-t-il. “Enfant,
nous avons beaucoup joué, puis, nous ne nous sommes plus
côtoyés pendant plusieurs années. Vers quatorze
ans, lors d’un camps de neige, nous nous sommes retrouvés.
Nous avons même gagné le prix du plus beau couple de la
semaine, le droit de manger un deuxième dessert!” La
version de Sophie est plus amère. “Au camps de neige, je
me suis retrouvée toute seule. Pendant une semaine, Muriel est
restée collée à Florian. J’étais
morte de jalousie et le fait qu’ils reçoivent le prix du
plus beau couple de la semaine a provoqué une fin
momentanée de mon amitié pour Muriel.” Le couple,
malgré le jeune âge des protagonistes, devait tenir quatre
ans. “On a été ensemble quatre ans, mais pas
continuellement. Muriel aimait bien me rendre jaloux. Elle sortait avec
d’autres garçons, mais revenait toujours vers son premier
amant, comme elle aimait le dire. Au bout de quatre ans, dans la
continuation des événements, nous avons cessé
d’être amants. Muriel a rencontré Jean, qui a pris
une grande place dans sa vie. Mais je dois avouer que la
première fois que je les ai vu ensemble, je n’ai pas pu
m’empêcher d’être jaloux”. Il faut bien
que Florian se l’avoue, il reste un grand romantique.
C’est en tout cas ce que laisse percevoir Sophie en lisant ces
quelques lignes. D’après elle, dire que leur couple a
vécu quatre ans tient plus de la naïveté que
d’une quelconque réalité. D’abord,
enfants, ils étaient fiancés; adolescents, ils ont certes
appris l’amour ensemble, mais n’ont jamais
joué au couple. D’ailleurs, Muriel, dans une
confidence à Sophie, aurait même
avoué que “Florian, dans le fond,
c’était , en fait, juste pour